Garden 
2017
exposition de groupe
Jeudi x PRP
ArtGenève
Palexpo, Le Grand-Saconnex
Suisse
merci à
Camille Besson
Mathieu Dafflon
Aurélien Martin
Baker Wardlaw
2017
vidéo
#000fff (Veriscope)
ç (#aaafff (B.A.A.))
dimensions variables
16:9
1’42
2017
bleu vidéo
mural
dimensions variables
16:9
#000fff (Veriscope), Arthur Fouray, 2017
2017
cuir
vis
1 x 1 x 1 cm
ç (#aaafff (B.A.A.), Arthur Fouray, 2017
2016
exposition de groupe
Joy de Rouvre
Genève
Suisse
merci à
Pierre Belloni
Joy de Rouvre
Baker Wardlaw
Frédéric Gabioud
2016
acrylique
cotton-duck
table
118 x 88 x 72 cm
C/O (Eve Kendall), Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
cotton-duck
coussin
58 x 58 x 20 cm
vue d’exposition
Kasimir I, Arthur Fouray, 2016
2016
letrAVision
acrylique
cotton–duck
banc
250 x 50 x 40 cm
vue d’exposition
C/O ( ))) ))) ), Arthur Fouray, 2016
2013–2017
acrylique
toile occultante
Camion Avec Requin
16 x 16 x 4 cm
collection privée
vue d’exposition
#aaafff (CAR), Arthur Fouray, 2013-2014
2016
acrylique
toile occultante
papier craft
sacs Uber Eats
35 x 45 x 10 cm
#aaafff (Uber Eats), Arthur Fouray, 2016
2012–2016
FloppyPoppyWidy MATTER
insert
4 pages
Éditions Climanen
Genève
Suisse
2016
merci à
Roxane Bovet
Yoan Mudry
2016
exposition de groupe
Salts
Bâle
Suisse
merci à
Elise Lammer
Samuel Leuenberger
Denis Pernet
2015
gouache
papier arches
carton
26.5 x 26 x 4 cm
2016
exposition de groupe
La Cabine
Clermont–Ferrand
France
merci à
Frédéric Gabioud
Paul Limoujoux
Baker Wardlaw
2016
cuir
vis
62 x 1 x 1 cm
ç (#aaafff (intensité)), Arthur Fouray, 2016
2016
cuir
vis
1 x 1 x 1 cm
ç (#aaafff (cendrier)), Arthur Fouray, 2016
Prix Kiefer Hablitzel

2016
exposition de groupe
Swiss Art Awards
Bâle
Suisse
merci à
Alfredo Aceto
Alain Fouray
Béatrice Fouray
Léa Fluck
Julien Gremaud
Stéphanie Serra
Prix Kiefer Hablitzel, Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
toile occultante
plumeau


85 x 23 x 15 cm
collection privée
#aaafff (Autruche), Arthur Fouray, 2016
2016
bleu vidéo
mural

dimensions variables
2:1

vue d’exposition
#000fff (Univision), Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
cotton–duck
coussin
58 x 58 x 20 cm
vue d’exposition
Kasmir I, Arthur Fouray, 2016
2016
cotton-duck
chassis
P.A.S.
Carré Blanc Sur Fond Toile
145 x 85 x 12.5 cm
Morel (P.A.S, C.B.S.F.B.), Arthur Fouray, 2016
2016
 
exposition de groupe
DOC
Paris
France
merci à
César Chevalier
Noémie Vulpian
Antonin Fassio
Jeremy Guinoiseau
2016
acrylique
toile coton
sommier
135 x 190 x 20 cm
collection DOC
vue d’exposition
Lauren (#aaafff), Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
toile de jute
coussin

60 x 45 x 20 cm
collection privée
Rrose (DOC), Arthur Fouray, 2016
2016
exposition de groupe
Circuit
Lausanne
Suisse
merci à
Christian Besson
2015
acrylique
toile occultante
serviettes
72 x 9 x 12 cm
2016
exposition de groupe
MCBA
Lausanne
Suisse
merci à
Anaïs Defago
Damián Navarro
Frédéric Gabioud
Jacques Duboux
Accrochage Vaud, Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
cotton–duck
échelle
40 x 240 x 6 cm
MC (Baby Blue), Arthur Fouray, 2016
2016
acrylique
cotton–duck
échelle

40 x 200 x 6 cm
FG (Ocean), Arthur Fouray, 2016
2015
exposition solo
La Placette
Lausanne
Suisse
merci à
Camille Lichtenstern
Niels Wehrspann
Lorraine Pidoux
Julien Gremaud
Darren Roshier
Osmosis, Lauren (Azur), Kasimir (Ciel), Morris (Saphir), #aaafff (Cendrier), Arthur Fouray, 2015Osmosis, Lauren (Azur), Kasimir (Ciel), Morris (Saphir), #aaafff (Cendrier), Arthur Fouray, 2015Osmosis, Lauren (Azur), Kasimir (Ciel), Morris (Saphir), #aaafff (Cendrier), Arthur Fouray, 2015Osmosis, Lauren (Azur), Kasimir (Ciel), Morris (Saphir), #aaafff (Cendrier), Arthur Fouray, 2015
2015
gouache
papier arches
carton
23.6 x 16.9 x 1.2 cm
collection privée
Osmosis, Arthur Fouray, 2015
2013–2014
acrylique
cotton–duck
sommier
120 x 200 x 14 cm
Lauren (Azur), Arthur Fouray, 2013-2014
2014
coussin
cotton–duck
acrylique
52 x 52 x 17 cm
Kasimir (Ciel), Arthur Fouray, 2014
2014
couette
cotton–duck
acrylique
200 x 140 x 32 cm
Morris (Saphir), Arthur Fouray, 2014
2013–2014
acrylique
toile occultante
cendrier
9.2 x 12.8 x 6.4 cm
collection privée
#aaafff (Cendrier), Arthur Fouray, 2013-2014
M

2013–2015
Notes
384 pages
15 x 21 cm
Micronaut
Vevey
Suisse
2015
merci à
Corinne Belin
Philippe Decrauzat
Julien Fischer
Alain Fouray
Frédéric Gabioud
Pierre Girardin
Julien Gremaud
Hugo Haeffner
Léa Lamy
Élisa Langlois
Nastassia Montel
Vincent Normand
Chi—Long Trieu
Louis Ziéglé
M, Arthur Fouray, 2015 M, Arthur Fouray, 2015 M, Arthur Fouray, 2015 M, Arthur Fouray, 2015 M, Arthur Fouray, 2015
2015–2016
exposition solo
Quark
Genève
Suisse
merci à
Elisa Langlois
Nastassia Montel
Jean–Marie Bolay
Julien Gremaud
Stéphanie Serra
Frédéric Gabioud
Grégoire Golay
Baker Wardlaw
Boesner France
BFP–CINDAR
Elisa Langlois
Spectre
2015
communiqué de presse
Arthur Fouray est une histoire en construction. Elle commence par un “Once upon a time” et se développe au travers des figures de styles récurrentes qui articulent le contenu de ses propos. De la fresque historique à la peinture moderne, Arthur Fouray interroge l’histoire et les histoires en prenant des détours Pop tels l’écran de cinéma ou Walt Disney. Spectre est une première exposition personnelle. Elle constitue une réelle proposition d’ouverture. Une sorte de teaser de ce qui nous attend avec la suite des aventures de ce jeune artiste. Elle pose les bases d’une cosmogonie dont les enjeux dynamiques se matérialisent en objets types. Ces derniers se déclinent en séries et tissent des liens les uns avec les autres pour former un propos solidaire dont les profils se façonnent sous le prisme de différents spectres.

Des couleurs finement choisies, des aplats parfaits, des surfaces peintes bien définies, Arthur Fouray pratique le monochrome avec soin et précision. Si le monochrome est une forme picturale historique au XXIème siècle avec ses figures suprématistes, spirituelles et géométriques – si le monochrome est un degré zéro de la peinture, un geste simple, radical ou essentiel, il revêt chez Arthur Fouray au-delà de la dimension référentielle, une dimension autographique et signalétique.

La série de peintures #aaafff fonctionne selon une formule clairement définie. Ces monochromes d’une nuance à mi-chemin entre le bleu ciel et le mauve cachent au sein de leurs châssis un objet, le plus souvent tiré de l’environnement domestique. La couleur indique la nature de la pièce, une œuvre à imbrications qui permet l’association d’une toile monochrome à un objet. Ici l’artiste réconcilie abstraction et ready-made, deux piliers de l’histoire de l’avant garde à priori antagoniques. Par le jeu de la série, les #aaafff se proposent comme l’estampille de cette démarche. Un code qui informe d’un geste spécifique, hybride de peinture et sculpture.

Dans le cas #000fff (polyvision), Spectre propose une variante à la règle. #000fff (polyvision) est une peinture murale à la saturation maximale de la couleur #aaafff. L’œuvre ne cache plus un objet mais en suggère la projection. Les dimensions de la pièce reprennent les ratios de l’écran triptyque polyvision d’Abel Gance pour son film Napoléon, 1927. Il s’agit d’une forme cinématographique utopique et gigantesque, une triple projection colorée sur trois écrans assemblés. Gance empruntait délibérément le terme triptyque à la peinture pour signifier le déplacement de médium effectué par la fresque historique vers le cinéma. #000fff (polyvision) déplace à nouveau le genre de l’écran à la peinture.

Combinaison de l’architectural et de l’expérimental, Morel (#aaafff polyvision) découle d’une série parallèle à celle des #aaafff. Dans le cas de Morel (#aaafff polyvision), une peinture est contenue roulée dans un caisson. Il s’agit d’une toile monochrome de 16 mètres de long que l’artiste a décidé de figer en l’état dans la sculpture : “une fossilisation de l’objet au sein d’un médium” . Au-delà de son rôle de contenant, le caisson est en soit un objet complexe comprenant sa propre narration. La structure est constituée de 12 boites ready made à l’origine destinés à l’usage de la peinture. Si elle évoque les boiseries des galeries princières du XVII ème siècle, sa disposition murale fait écho aux “specific objects” de Donald Judd,  notamment la série des Untitled (Ballantine 89–49), caissons de bois modulaires placés horizontalement au mur.

Dans le cas de ces deux œuvres, du “Grand Siècle” à l’art minimal, de la peinture historique à l’écran, les écarts anachroniques et conceptuels qu’elles performent sont marqués du spectre de Marcel Broodthaers. Broodthaers est une figure récurrente du lexique référentiel d’Arthur Fouray, car il illustre parfaitement une recherche d’équilibre et de sens dans les réunions contraintes du couple Art officiel - Art critique.

Andy et Kasimir sont les protagonistes de la série des “toiles-objets” . La série débute en 2013 lorsqu’Arthur Fouray décide de tendre une toile sur le sommier de son lit. À l’instar des #aaafff, les toiles objets sont toutes monochromes. Ici, le geste fédérateur est l’emploi d’éléments de literie comme châssis. Par le prisme de la domesticité et de l’intime, de l’oreiller à la couette, les toiles-objets engagent le monochrome dans un rapport au corps évident. Leurs titres éclairent de leurs indices la teneur référentielle de l’objet, associant ceux-ci à une couleur ou à un chiffre. Dans un geste presque plus Pop que Minimal cette série met en exergue une porosité des genres. Si Kasimir tire l’élastique Malevitch, l’objet qu’il présente absout le monochrome de son mythe suprématiste, d’une peinture abstraite “pure” et autosuffisante. De même qu’Andy renvoie clairement aux Silver Clouds de Warhol, l’aspect aérien et léger des ballons d’hélium Pop se couche sous la toile et la peinture. En injectant une structure domestique à ses toiles, Arthur Fouray retourne le degré zero de la peinture.
Spectre, Arthur Fouray, 2015Spectre, Arthur Fouray, 2015Spectre, Arthur Fouray, 2015Spectre, Arthur Fouray, 2015Spectre, Arthur Fouray, 2015
2013–2016
acrylique
toile occultante
Camion Avec Requin
16 x 16 x 4 cm
collection privée
#aaafff (CAR), Arthur Fouray, 2013-2014
2015
chassis
clefs à chassis
#aaafff polyvision
172 x 36 x 32 cm
Morel (#aaafff Polyvision), Arthur Fouray, 2015
2015
bleu vidéo
mural
dimensions variables
1:1.33 x8
vue d’exposition
#000fff (Polyvision), Arthur Fouray, 2015
2015
acrylique
cotton–duck
oreiller
60 x 100 x 25 cm
vue d’exposition
Andy IV, Arthur Fouray, 2015
2014
acrylique
cotton–duck
coussin

72 x 36 x 24 cm
Andy (Caramel), Arthur Fouray, 2014
2015
acrylique
cotton–duck
coussin
58 x 58 x 9 cm
vue d’exposition
Kasimir (Signal Blue), Arthur Fouray, 2015
2015
acrylique
cotton–duck
coussin

27 x 27 x 8 cm
vue d’exposition
Kasimir (Blush), Arthur Fouray, 2015
2015
gouache
papier arches
carton
26.5 x 26 x 4 cm
L'epoque et son style, Arthur Fouray, 2015
2015
acrylique
cotton–duck
coussin
60 x 42 x 12 cm
collection privée
Andy III, Arthur Fouray, 2015
2015
Diplôme
écal
Renens
Suisse
merci à
Nastassia Montel
Stéphane Dafflon
Antoine Prokos
Frédéric Gabioud
Pierre Girardin
Andy IV, #aaafff (Studio Modernes), Helio (Noir Cendre), Arthur Fouray, 2015
2014
acrylique
cotton–duck
coussin
72 x 36 x 24 cm
vue d’exposition
Andy IV, Arthur Fouray, 2015
2015
acrylique
toile occultante
serviettes
72 x 9 x 12 cm
#aaafff (Studio Modernes), Arthur Fouray, 2015
2014
acrylique
cotton–duck
couette bébé

120 x 90 x 15 cm
collection privée
Helio (Noir Cendre), Arthur Fouray, 2015
2015
exposition de groupe
Musée Jenisch
Vevey
Suisse
merci à
Simon Paccaud
Stéphanie Serra
2014
acrylique
cotton–duck
coussin
40 x 30 x 10 cm
Andy (Azur), Arthur Fouray, 2014
2015
exposition de groupe
Fondation Ricard
Paris
France
merci à
Stéphanie Moisdon
Jean Bourgois
Emanuele Marcuccio
Life is a Bed of Roses (un roman), Arthur Fouray, 2014-2015
2014–2015
acrylique
toile occultante
Voiture Mach 6 (Speed Racer)
20 x 44 x 12.5 cm
vue d’exposition
Life is a Bed of Roses (un roman), Arthur Fouray, 2014-2015
2014–2015
acrylique
toile occultante
Voiture Mach 6 (Speed Racer)
20 x 44 x 12.5 cm
#aaafff (Mach 6), Arthur Fouray, 2014-2015
BOOM
2015
exposition de groupe
écal
Renens
Suisse
merci à
Nicolas Degrange
Marine Julié
Boom, Arthur Fouray, 2015
2014
acrylique
cotton–duck
coussin
35 x 35 x 12 cm
collection privée
Kasimir (Rose Pale), Arthur Fouray, 2014
2014–2015
acrylique
toile occultante
chaux
dispersion
36 x 58 x 4,5 cm
#aaafff (Mur Grec), Arthur Fouray, 2014-2015
2015
gouache
papier arches
carton

19 x 13 x 4.5 cm
Elizabeth Taylor, Arthur Fouray, 2015
2014
acrylique
cotton–duck
échelle

39 x 244 x 6 cm
MC (Taupe), Arthur Fouray, 2014
Synallagma Show

2014–2015
exposition de groupe
Quark
Genève
Suisse
merci à
Elisa Langlois
Paul Limoujoux
Philippe Decrauzat
Synallagma Show, Arthur Fouray, 2014
2014
acrylique
toile occultante
Bande Adhésive Antidérapante

34 x 34 x 3.5 cm
collection privée
#aaafff (Bande Adhesive Antiderapante), Arthur Fouray, 2014
Damián Navarro
Arthur Fouray
Space Jam
2015
entretien
Textscore
Damián Navarro

Lorsque tu concrétises tes idées, je me demande si cette envie, nécessité de fabriquer, surgit par caprice ou principalement par besoin de construire un ensemble logique ?

Arthur Fouray

Au départ j’ai questionné le médium exposition. Ensuite, le travail s’est focalisé au niveau des oeuvres en jouant de variations. Donc j’ai moins d’idées à la seconde !

Tu suis plusieurs pistes en parallèle. Est-ce que tu organises leurs apparitions dans le travail ?

Les intuitions et raisonnements surviennent naturellement. Je présente les potentialités lorsque celles-ci ont suffisamment de maturité pour porter un écho.

L’appréhension d’une pratique prend du temps à se mettre en place. En sautant du coq à l’âne, on prend le risque d’égarer les interprètes de nos propositions.

C’est aussi l’idée de séries à partir desquelles tu peux extraire des pièces uniques. Cela permet de porter l’idée de départ vers une certaine sagesse.

À mon sens, les toiles Morris équivalent à un objet.

Même si les formats et les couleurs sont variables, pour toi ces couettes ont toutes un même statut ?

Bien sûr !

J’achète une couette, je peins la toile, je la tends, j’y insère la couette, je l’accroche. Chaque œuvre est issue d’un geste identique. D’ailleurs les formats sont des standards.

Dont les dimensions, de la couette bébé au format king size, proviennent du réel ! Cela dit, un standard varie selon sa provenance...

Oui !

Si un jour je vais en Inde, je trouverais de nouvelles formes de coussins. J’attends que l’objet vienne à moi car je sais que c’est concevable. Comme pour un livre, tu as envie de le trouver en flânant au lieu de le commander.

Absolument !

La série des Andy entretient aussi des similitudes avec ta série #aaafff. Hormis les couleurs, elles cachent et contiennent des objets. Ceux-ci semblent par contre moins déclinables, notamment cette voiture télécommandée. Tu m’as dit l’avoir choisi parce qu’elle rappelle un masque nô.

Ça fait appel au souvenir d’une représentation en plein air de théâtre nô au temple de Miyajima. Les objets contenus par les #aaafff tissent des liens intimes.

Alors c’est en partie une attitude de collectionneur !

Le fait de masquer un élément, est-ce uniquement pour éviter de révéler quelque chose du domaine privé ? Ou est-il possible que de manière inconsciente, ça te serve de censure à ce qu’il te serait difficile d’assumer formellement ?

L’objet est présent par le titre, qui annonce l’articulation.

J’ai eu l’occasion de voir certains de ces objets. Tu amorces une narration invisible qui incite à se projeter. Ce qui produit une forme d’attente ou d’excitation...

(rires)
C’est aussi dans l’optique de protéger.

Du coup, quel est le rapport d’intimité que tu entretiens avec eux ?

Par exemple #aaafff Mach 6, la voiture masque, est à propos du film Speed Racer qui me fait penser à ma famille. C’est l’histoire d’une petite entreprise gérée par des personnes attentionnées qui travaillent ensemble à la construction d’une voiture de course.

Malgré le fait qu’une émotion déclenche l’envie de développer une pièce, les objets choisis sont issus du quotidien, ils ont pour la plupart été manufacturés par des inconnus... Est-ce que le fait de les inclure dans tes pièces, d’en user autrement, te permettrait d’ignorer le pathos, les expériences individuelles qui te lient à ces objets ?

Plus que le besoin de récits autocentrés, ce sont les superpositions de hasards qui guident les intertextualités !

Tu as les #aaafff, les oreillers, les cuirs. Toutes ces narrations glissent en alternance, comme une autoroute à plusieurs voies...



Alfredo Aceto
Arthur Fouray
Paris me manque...
C’est irrésistible...
2015
entretien
Textscore
Alfredo Aceto

Autrefois en Italie une famille respectée devait avoir un fils médecin, un avocat et un curé. Aujourd’hui on dirait qu’un fils artiste est suffisamment prestigieux pour se passer du médecin et du curé.

Comment te positionnes tu par rapport à cette génération d’artistes punk-bourgeois ? 

Arthur Fouray

Une carrière d’artiste ne dépend pas de son point de départ.

De quoi alors ?

On ne décide pas, on ne choisit pas dans quel milieu ou contexte on apparaît. On peut post-contextualiser son évolution, avec recul lui donner sens et cohérence (cf. récits de John Armleder sur sa jeunesse).

Le passé se construit par ellipses.

Les généralisations sont toujours très mauvaises pour la santé mais si il y en a deux qu’on ne peut pas nier c’est que les français ne savent pas faire des voitures et ne savent pas parler anglais.

À quoi penses-tu que cela est du ?

Si les voitures françaises s’inscrivaient dans une optique luxe, tout pourrait changer...
L’accent français a toujours du charme.

On va passer au vegan ?

Ça serait triste non ?

J’ai du mal à me reconnaître sous l’égide d’un punk-bourgeois, ces termes sont opposés dans leur construction historique.

Ils me rappellent des marshmallow qui sont restés trop longtemps au feu. Maintenant tu as six mots maximum pour me raconter la chose la plus compliquée que tu puisses imaginer.  

MMM

Réponse erronée.

Ça serait bien de revenir vers le personnage-artiste.

Arthur, moi je te verrais bien faire des très grandes sculptures vulnérables malgré leur taille. Une fille habite dans une sorte de vieux château où tout est très fragile.

Un soir avant le dîner j’étais en train de m’asseoir sur une chaise du salon lorsque, soudainement, on court vers moi pour m’arrêter :

“Monsieur, les chaises sont trop fragiles pour qu’on puisse s’y asseoir.”

Alors j’imagine des gigantesques sculptures en bois, métal, sagex. Imposantes, presque méchantes mais très fragiles, au point qu’on ne peut pas s’en rapprocher à cause de la chute de matière.

J’aime la fragilité, c’est tout sauf une faiblesse. Elle se préserve en montrant les signes de sa vulnérabilité.

Ça t’arrive aussi de te sentir comme un artiste au musée de l’art brut ?

Je sais pas si ce sont les névroses, les problèmes de digestion ou ces maux de tête qui ne sont finalement jamais partis.

J’essaye de ne pas. En même temps...

Nous appartenons à une des premières générations qui se sont potentiellement rapprochées de l’art par l’intermédiaire d’un écran mais nous devons toujours dialoguer et échanger avec des générations plus âgées et désorientées.

Comment penses-tu réussir à faire cohabiter ces différents backgrounds ?

Nôtre rapport à la page Google d’un artiste se situe dans une continuité avec le livre. Ce sont des cycles. Plus le temps passe, plus ces backgrounds s’estompent et permettent de nouveaux contrastes...

Dans 100 ans tu crois qu’on va se rappeler de Murillo ou uniquement de Basquiat ?

Quelqu’un trouvera des Reebox Basquiat enfouies quelque-part.

J’ai envie de fumer !

Tu veux dire que c’est fumeux ?

Un soir je t’ai vu arriver en soirée, déguisé en Andy Warhol.

Ça t’obsède, non ?

Oui totalement.

J’aurais physiquement mal à être si proche d’une autre personne... Peut être à l’estomac... Ça te fais quel effect ?

Je ne suis pas proche de lui, je ne l’ai jamais rencontré !

Tu considères un travail le fait de se déguiser en Warhol ?

Warhol se masquait par une figure muette à l’apparence spectrale, aux phrases onomatopéiques. 

Là ou se situe l’obsession, c’est au sein de ce qu’il a mis en place : un contexte opposé au nôtre aujourd’hui.

Avec la disparition des méta-récits, il nous fallait inventer le dernier méta-récit capable d’exister après l’écroulement de la modernité.

Ce déguisement de Warhol ne m’intéresse justement pas par son lien avec Warhol mais comme tentative de témoigner de sa ruine.

Penses-tu qu’un artiste puisse prendre sa retraite ?

Le geste de Maurizio Cattelan de prendre sa retraite ne devrait pas être vu comme “coup” mais comme une règle de bonne coutume.

Oui, penser aujourd’hui le médium comme message est un nihilisme passif.

Ah, on est bien d’accord !

Il y a quelques temps beaucoup d’artistes utilisaient une esthétique qui vient de ce monde digital mais il était évident que ce n’est pas une question d’esthétique. Ce n’est plus une question d’esthétique mais de vide, d’entre deux.

L’exposition d’Emanuel Rossetti à Kunsthalle Bern me semble un exemple réussit de cet espace qui se déterminerait.

Si l’on s’accorde sur le fait d’être témoins des ruines du modernisme, nous ne pouvons pas nous contenter d’observer calmement cet écroulement depuis nos galeries et musées confortables !

Je ne suis pas pessimiste du tout. Il me semble beaucoup plus urgent de rester réveillés plutôt que de travailler endormis !

Tu tisses au cours de ton parcours des liaisons avec avec deux artistes femmes qui te vouent à l’art contemporain. En quoi ces deux récits combinés constituent des mythes fondateurs pour toi ?

GAME OVER

La réponse était visible jusqu’au 20 avril 2015.
Pourquoi tu fais l’artiste ?

La modernité pourrait être le point central de la motivation d’un enfant vers l’art contemporain en France. Où se situe cette motivation en Italie ?

En Italie il y a trop d’histoire pour qu’on puisse en isoler une partie et l’utiliser en tant que référence. D’une certaine façon nous sommes plus “con” mais plus libres.

Si la souffrance est un moteur, comment l’entretiens-tu ?

Si je pouvais j’aurais déjà fait tabula rasa.

Les italiens ont la réputation d’être magouilleurs, baratineurs et prétentieux. Comment te places tu par rapport à ces préjugées de bas étage ?

C’est une grande chance et une épargne de temps d’être issu d’un pays dont les attitudes sont si controversées. Rien que de réagir par rapport à ses origines est déjà perçu comme un grand geste, me semble-t-il.

Depuis plusieurs années tu habites en Suisse, qu’elles sont les différences entre le monde de l’art en Suisse et en France pour ne pas dire à Paris ?

C’est plus petit. En proportion, il y a plus d’artistes intéressants.

Tu tiens à garder le contact, puisque tu y restes en résidence après ton Bachelor et maintenant y enseignes. À première vue il s’agit d’un choix.

J’aime le rythme de ma vie en Suisse.

Tu as étudié à l’ÉCAL, une école suisse prise d’assaut par les parisiens. Tu crois que cette invasion est positive ou négative pour une école que Hans Ulrich Obrist a surnommé “le nouveau Bauhaus” ?

Penses-tu qu’il s’agisse du “Nouveau Bauhaus” ? 

Je ne suis pas sûr car le Bauhaus est plus important que les artistes sortis de cette même école.

Avec Frédéric Gabioud, Grégoire Bolay, Julien Fischer et Paul Limoujoux vous avez créé l’espace Silicon Malley qui est un off space dans la banlieue de Lausanne. Mis à part Marbriers 4 qui ont l’air de s’être durablement installés, la plupart de ces espaces ont la durée de vie d’une grossesse.

Vous vous engagez à durer un peu plus ?

Deux grossesses ?

L’important est une histoire forte, qu’elle soit longue ou courte. Nous ne pouvons pas prédire, pour le moment l’expérience est belle.

Tu aimes jouer avec les situations, une attitude qui rentre dans l’idée de ton travail ?

Oui...
Et ta compagnie d’avion préférée ?

Plutôt mon avion préféré, le Concorde.

Shit !
Tellement français !

Pourquoi une si grande passion pour la voiture ?

Je m’en fous de la mécanique mais je suis depuis toujours attiré par les formes des voitures.

Une Audi RS4 B5 de 2001.

Paris me manque...
C’est irrésistible...

Je respecte beaucoup la France tout en étant très critique sur son hypocrisie.

À ce propos... Voyons si tu es un vrai français...Si le train du succès passe dans une dizaine de minutes... Tu y montes ?

Je suis trop curieux pour ne pas y monter. Mais les vitres sont teintés et je ne peux pas savoir ce qu’il me réserve.

Tu me surprends.

Penses-tu que tout soit gratuit ?

Tout me semble si cher.

Un dandy fait de la contradiction un plaisir alors que le radical chic la cache pour ne pas se faire chopper. Être un dandy est quelque chose de très respectable.